« Depuis la répression du mouvement de protestation des moines en septembre 2007, des arrestations de moines, de manifestants, et de leurs proches, ont eu lieu par centaines, si ce n’est par milliers. Et la situation économique, objet premier des mécontentements, continue de se dégrader.
Or face aux besoins socio-économiques énormes d’une grande partie de la population, la junte oppose des obstacles et des restrictions bureaucratiques et policières considérables à l’action des organisations humanitaires, aussi elles ont les plus grandes difficultés à mettre en œuvre les actions pour lesquelles elles ont des fonds, et un personnel local compétent.
Alors que les prisons sont plus pleines que jamais, la Croix Rouge Internationale n’est pas autorisée à reprendre les visites aux prisonniers qu’elle a cessé de faire depuis 2005, en raison des contrôles inacceptables qui lui étaient imposés.
Alors que plus de 100 000 ressortissants de minorités persécutées par l’armée survivent dans des conditions dramatiques le long de la frontière thaïlandaise, l’accès à ces populations est refusé aux ONG médicales qui proposent de les soigner. Médecins Sans Frontières France a quitté la Birmanie en 2006 principalement pour cette raison.
Pour la junte, la Birmanie est prospère et sa population heureuse. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs et n’ont pas leur place dans le pays. Ainsi, après les protestations des moines de septembre, le représentant de l’ONU en Birmanie a osé déplorer publiquement la détérioration de la situation humanitaire et suggérer que les Nations Unies aident à lutter contre la pauvreté et ses causes sous-jacentes. Il a été prié de quitter le pays.
En octobre, 13 organisations de solidarité internationale (sur la quarantaine ayant un bureau en Birmanie) ont fait une déclaration commune sur leurs difficultés pour travailler. En réponse, la junte a officialisé un document qui énonce les restrictions, contrôles et obligations imposées aux ONG voulant opérer dans le pays. Désormais chacun se déterminera donc en connaissance de cause. Le pire choix : ne se poser aucune question alors que toute action a forcément des répercussions sur les personnes que l’on cherche à aider. »
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« Depuis la répression du mouvement de protestation des moines en septembre 2007, des arrestations de moines, de manifestants, et de leurs proches, ont eu lieu par centaines, si ce n’est par milliers. Et la situation économique, objet premier des mécontentements, continue de se dégrader.
Or face aux besoins socio-économiques énormes d’une grande partie de la population, la junte oppose des obstacles et des restrictions bureaucratiques et policières considérables à l’action des organisations humanitaires, aussi elles ont les plus grandes difficultés à mettre en œuvre les actions pour lesquelles elles ont des fonds, et un personnel local compétent.
Alors que les prisons sont plus pleines que jamais, la Croix Rouge Internationale n’est pas autorisée à reprendre les visites aux prisonniers qu’elle a cessé de faire depuis 2005, en raison des contrôles inacceptables qui lui étaient imposés.
Alors que plus de 100 000 ressortissants de minorités persécutées par l’armée survivent dans des conditions dramatiques le long de la frontière thaïlandaise, l’accès à ces populations est refusé aux ONG médicales qui proposent de les soigner. Médecins Sans Frontières France a quitté la Birmanie en 2006 principalement pour cette raison.
Pour la junte, la Birmanie est prospère et sa population heureuse. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs et n’ont pas leur place dans le pays. Ainsi, après les protestations des moines de septembre, le représentant de l’ONU en Birmanie a osé déplorer publiquement la détérioration de la situation humanitaire et suggérer que les Nations Unies aident à lutter contre la pauvreté et ses causes sous-jacentes. Il a été prié de quitter le pays.
En octobre, 13 organisations de solidarité internationale (sur la quarantaine ayant un bureau en Birmanie) ont fait une déclaration commune sur leurs difficultés pour travailler. En réponse, la junte a officialisé un document qui énonce les restrictions, contrôles et obligations imposées aux ONG voulant opérer dans le pays. Désormais chacun se déterminera donc en connaissance de cause. Le pire choix : ne se poser aucune question alors que toute action a forcément des répercussions sur les personnes que l’on cherche à aider. »
